Tchad 🇹🇩 : Le Budget Général du Tchad pour l’exercice 2023 : Quelles leçons à retenir ?

Au Tchad, la Loi de Finance Initiale (LFI) 2023 a été promulguée le 30 décembre 2022 par le Président de la Transition le Général Mahamat Idriss Deby ITNO. Par rapport à la Loi de Finance Initiale 2022, on note une hausse des recettes budgétaires de 39% ainsi que des dépenses budgétaires de 29%. Les recettes et dépenses

budgétaires, pour l’exercice 2022, étant respectivement de 1 359 000 000 000 FCFA et 1 203 000 000 000 FCFA, il ressort un excédent budgétaire global de 156 000 000 000 de FCFA.

Dans la LFI 2023, les ressources budgétaires se situent autour de 1 884 800 000 000 de FCFA tandis que les dépenses publiques prévues sont relativement plus faibles et se situent quant à elles à 1 549 050 000 000 de FCFA. Ce qui entraine comparativement à l’exercice 2022, un excédent global prévisionnel (y compris dons) de 335 750 000 000 de FCFA.

Au titre des recettes, nous constatons une hausse prévisionnelle de 68,9% des recettes liées à la fiscalité pétrolière en 2023, comparé en 2022. Ce qui est imputable à la hausse des prix du pétrole.

En ce qui concerne les dépenses, il en ressort que les charges de la dette intérieure et les investissements sont les rubriques ayant enregistré une hausse importante en 2023. Ces deux postes de dépenses augmentent de 274% et 66% en 2023, respectivement comparé à leur niveau de 2022.

Cette variation des dépenses d’investissements corrobore encore-t-elle la théorie du cycle politico-budgétaire ?

La dette intérieure s’établit pour l’exercice 2023, en forte progression de 274% contre une baisse de 7% pour la dette extérieure. Cette situation pourrait être attribuée aux changements du niveau et de la composition de la dette extérieure. Depuis l’avènement de la COVID-19, le niveau de la dette extérieure du pays est devenu insupportable et la dette insoutenable. En 2019, la dette extérieure était de 77 000 000 000 de FCFA et se retrouve désormais à 99 000 000 000 de FCFA en 2023 plus élevé que son niveau d’avant COVID-19, soit une augmentation de 28,6%.

Sinon, l’on peut se demander : les difficultés d’accès au marché financier ont-elles amené le gouvernement tchadien à se rabattre sur le marché intérieur ?

Les effets de l’accord de restructuration de la dette du Club de Paris et de l’allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE et de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM) pourraient ici jouer un rôle certain.

Quelles sont les principales leçons à retenir du Budget Général de l’Etat ?

Le Budget Général de l’Etat pour l’exercice 2023 est élaboré dans un contexte de hausse des prix du baril de pétrole. Les recettes pétrolières représentent 56,6% du budget. Ce qui présente un risque élevé en cas d’un choc négatif brutal du prix de baril au cours de l’année. Cela fait craindre et rappeler les douleurs de la première crise pétrolière de 2014, où les cicatrices des 16 mesures et autres effets, ne guérissent pas encore complètement dans la mémoire des Tchadiens. Il serait important de préparer un plan préventif d’amortissement des chocs car « Mieux vaut prévenir que guérir ».

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