Au Tchad, le code minier prévoit que 5% des revenus provenant des activités minières soient redistribués aux collectivités territoriales où l’or est exploité.
Le 11 novembre de l’année dernière, quand le comité d’autodéfense de Miski a déposé les armes, Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne des droits de l’homme, affirme que « Cela peut servir de déclic aux autres régions pour essayer de réclamer également le même avantage avec le gouvernement. Nous l’encourageons à ouvrir des négociations avec d’autres régions où il y a eu des gisements qui ont fait leur apparition, cela pourrait apaiser les tensions ». Mais l’or du Batha est exploité de manière informelle (et ou semi-informelle) depuis presque trois ans et aucun leader ni aucun élu de la province n’est capable de nous fournir un rapport chiffré des retombés de cette exploitation. Des réclamations ont été portées lors de DNI et avant cela à l’hémicycle de l’assemblée natinale par le député Rakhis Ahmat Saleh, ex 6ème vice-président de l’assemblée nationale mais rien n’y fait, c’est passé comme une lettre à la poste. Les populations du Batha n’a pas assez d’importance aux yeux du gouvernement où du système pour que l’on prenne ces interrogations au sérieux. Jusqu’à présent, on ignore à qui profite réellement les quotes-parts de 5% allouées à la Province du Batha. On ne parle même pas encore de qui exploite l’or du Batha et de comment sont distribués les permis d’exploitation après avoir délogé manu militari les exploitations anarchiques des populations venus de partout au Tchad, même des pays voisins.
Est-il vraiment nécessaire de faire valoir la force comme celle de Miski pour se faire entendre ? La question reste ouverte et doit être prise au sérieux par les fils de la province du Batha et même du Chari-Baguirmi voisin qui subi le même sort depuis la découverte du Pétrole dans son sous-sol. Et que l’on ne vienne pas nous dire qu’ils ne sont pas capables d’avoir recours à des moyens de réclamation plus « convainquant ». Ignorer la culture guerrière des gens du Batha et du centre du Tchad en général c’est ignorer l’essentiel de l’histoire du Tchad. Il n’y a que la « connerie populaire » entretenue durant ces décennies qui peut nier à cette partie du pays son histoire qui d’ailleurs est l’essentielle de l’histoire moderne du Tchad. Ils ne sont pas lâches ni « sous-tchadiens » ceux qui ont jadis mis en place des civilisations, des empires, et des grands royaumes et sultanats reconnus même au delà du territoire du Tchad à l’époque comme des petits États. Mais comme on le dit chez nous, ça c’est du « Zamane Djiddi Soultane ». C’est une chose d’être héritier d’une grande histoire mais c’en est une autre de s’en montrer digne. Les intérêts égoïstes et ethno-centristes et les petites querelles de puits et de morceaux de territoire doivent laisser place à des vraies questions existentielles et introspectives. On sait tous que pour être exister dans ce pays il faut s’imposer et si l’on ne peut même pas imposer sa voix et défendre ses intérêts sur son propre sol, on est foutu d’avance et pour des générations et des générations.
Pour revenir à la question de l’exploitation de l’or du Batha et des 5% des revenus qui devraient bénéficier à la Province en général, nous entendons plusieurs versions selon lesquelles le champ d’exploitation est considérée comme la chasse gardée du Prédisent de Transition, que les permis d’exploitation ne sont attribués qu’à ses proches ( politique ou ethnique) et que l’or brut est directement transféré en France et imaginez la suite. Pas besoin d’être un esprit sournois pour faire le lien entre la tentative d’installation d’une base militaire française qui a été rejetée par la population locale qui a finalement pu obtenir gain de cause. Mais là n’est pas la question, nous sommes conscients que nous ne sommes pas seuls à y avoir droit et que nous faisons partie d’un Territoire qui est considéré à tort ou à raison comme une république, un pays. Que la richesse de notre province puisse profiter à tout le Tchad c’est une chose tout à fait naturelle, et que selon les lois de cette même république, notre province puisse profite spécialement de 5% des revenus générés par cette richesse est aussi normale et c’est d’ailleurs en cours dans d’autres provinces. Mais que la richesse ne profite ni au Tchad, ni à la Province mais à un régime, un système ou un individu qui n’est préoccupé par le bien-être de son entourage, son clan ethnique et politique et des investissements fous et inutiles dans son propre village, c’est une chose inacceptable qui doit être dénoncée de façon énergique et décomplexée et combattu par tous les moyens. Ce qu’ils appellent repli identitaire qui est en réalité une prise de conscience de la majorité silencieuse est déjà en cours et poursuit son bonhomme de chemin avec nonchalance dans les cercles restreints et les réseaux clos de discussions familiales et communautaires. Mais il est temps de s’affirmer ouvertement et d’avoir une discussion clair, franche et sincère avec le système. Une discussion dont l’animosité dépendra de leurs réponses et de leurs attitudes. Parce qu’il ne faut plus continuer à se mentir, le Tchad est un État artificiel dont les frontières sont nées de la colonisation ( en quelque sorte un enfant né d’une union incestueuse et illégale) et si l’UNITÉ nous semble compliquée malgré le TRAVAIL et ne nous aide pas à atteindre le PROGRÈS, il n’est pas interdit d’envisager une autre forme de gouvernance et de gestion. Si le tchadien est au sommet du pouvoir pense que les siens (familles, amis et alliés) ont naturellement plus de droit, pourquoi ne pas essayer un modèle de gouvernance où chaque gouvernant puisse se retrouver avec les siens ? Peut-être qu’il leur reconnaîtra ainsi plus de droit et qu’il les servira mieux, qui sait ?
✍🏾 Par : 𝐊𝐚ï𝐝𝐚𝐥𝐥𝐚𝐡-𝐀𝐛𝐛𝐚 𝐅𝐚𝐫𝐢𝐬 & 𝐀𝐛𝐝𝐚𝐥𝐥𝐚𝐡 𝐀𝐛𝐚𝐤𝐚𝐫 𝐊𝐚𝐢𝐝𝐚𝐥𝐥𝐚𝐡

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